Les origines ABA (1967-1976) : Dr J et les premières gloires
L'histoire des Brooklyn Nets commence loin de New York, dans une ligue rebelle qui allait révolutionner le basket-ball américain. Fondés en 1967 sous le nom de New Jersey Americans, les futurs Nets font partie des franchises fondatrices de l'American Basketball Association (ABA), la ligue rivale de la NBA.
Après une première saison désastreuse dans le New Jersey, la franchise déménage à Long Island et devient les New York Nets en 1968. Ce changement de décor s'accompagne d'une montée en puissance progressive, mais c'est l'arrivée d'un certain Julius Erving en 1973 qui transforme les Nets en machine à gagner.
"Dr. J", comme on le surnomme déjà, arrive de Virginia où il a ébloui l'ABA par son style aérien révolutionnaire. Avec les Nets, il atteint des sommets. Ses dunks spectaculaires, ses finger rolls impossibles et son élégance naturelle font de lui la plus grande star de l'ABA. En 1974 et 1976, il mène les Nets à deux titres ABA consécutifs.
La fusion ABA-NBA en 1976 aurait dû propulser les Nets au sommet. Malheureusement, le propriétaire Roy Boe, incapable de payer les frais d'entrée de 3,2 millions de dollars exigés par la NBA et les 4,8 millions réclamés par les Knicks pour empiéter sur leur territoire, doit se séparer de Dr. J, vendu aux Philadelphia 76ers pour 3 millions. Ce moment tragique hante encore les fans des Nets cinquante ans plus tard.
L'ère New Jersey (1977-2012) : Les hauts et les bas
Le déménagement vers le New Jersey en 1977 inaugure une ère de montagnes russes pour la franchise. Rebaptisés New Jersey Nets, ils s'installent d'abord au Rutgers Athletic Center, puis au Brendan Byrne Arena (futur Continental Airlines Arena) en 1981.
Les années 80 sont difficiles. Malgré quelques talents comme Buck Williams ou Otis Birdsong, les Nets accumulent les saisons perdantes. La franchise devient synonyme de médiocrité, un faire-valoir pour les Knicks de l'autre côté de l'Hudson.
Le tournant arrive en 1999 avec le recrutement de Jason Kidd, meneur de jeu virtuose qui transforme instantanément l'équipe. Associé à Kenyon Martin et Richard Jefferson, puis à Vince Carter, Kidd mène les Nets à deux finales NBA consécutives en 2002 et 2003. Ces équipes spectaculaires, basées sur le fast-break et la défense agressive, redonnent leurs lettres de noblesse à la franchise.
La décennie suivante voit les Nets retomber dans l'anonymat après le départ de Kidd en 2008. Cependant, en coulisses, un projet révolutionnaire prend forme : le milliardaire russe Mikhail Prokhorov rachète la franchise en 2010 avec un plan ambitieux - ramener les Nets à New York, dans une arène ultramoderne construite à Brooklyn.
Brooklyn (2012-présent) : Nouveau stade, nouvelle identité
Le 21 septembre 2012 marque le début d'une nouvelle ère. Les Brooklyn Nets inaugurent le Barclays Center, première grande arène sportive construite à New York depuis le Madison Square Garden en 1968. La franchise retrouve enfin New York après 35 ans d'exil dans le New Jersey.
L'identité visuelle est complètement repensée. Exit les couleurs rouge et bleu du New Jersey, place au noir et blanc élégant de Brooklyn. Jay-Z, investisseur minoritaire et architecte de la nouvelle image, crée un logo inspiré des panneaux du métro new-yorkais. Du jour au lendemain, les Nets deviennent cool.
Les premières saisons à Brooklyn sont un mélange d'ambition et de déception. L'échange blockbuster de 2013 amenant Paul Pierce et Kevin Garnett depuis Boston génère un buzz énorme, mais les résultats en playoffs déçoivent. Le prix à payer - plusieurs premiers tours de draft - hantera la franchise pendant des années.
La renaissance actuelle commence avec l'arrivée de Kevin Durant et Kyrie Irving en 2019, rejoints brièvement par James Harden en 2021. Malgré des blessures et des turbulences, cette ère "superteam" a ramené les Nets au premier plan médiatique. L'avenir s'écrit désormais avec une nouvelle génération de talents, et Brooklyn continue de s'affirmer comme une destination de choix pour les stars NBA.
